memoire traumatique et victimologie

Que faire en cas de violences ?

QUE FAIRE ?

SI VOUS SUBISSEZ DES VIOLENCES
SI VOUS AVEZ SUBI DES VIOLENCES
SI VOUS ÊTES TÉMOIN OU PROCHE D'UNE VICTIME
SI VOUS ÊTES UN PROFESSIONNEL DE SANTÉ


Si vous subissez des violences

Quelles que soient les circonstances, votre comportement, ce que vous avez fait ou pas fait, les liens que vous avez avec l'auteur ou les auteurs des violences, l'état psychique de ce ou ces derniers (stress, colère, emprise de l'alcool ou de drogues, etc.), IL-S N'AVAIT-ENT PAS LE DROIT DE COMMETTRE CES VIOLENCES. Il s'agit d'infractions pénales. Souvent ce qui paraît plus ou moins excuser l'auteur fait en fait partie de circonstances aggravantes (comme les liens familiaux, conjugaux, ou avec une personne ayant autorité, l'emprise sous alcool ou de drogues de la victime ou de l'auteur).

Comme toute personne vous avez un DROIT UNIVERSEL à la VIE, et au respect DE VOTRE INTÉGRITÉ PSYCHIQUE ET PHYSIQUE, et DE VOTRE DIGNITÉ.

Comme toute personne vous naissez et demeurez libre et égale en droit, personne ne peut déclarer avoir plus de droits que vous et de ce fait vous imposer par la force ou la pression ses volontés, et vous instrumentaliser en vous privant de votre libre arbitre.

Vos besoins fondamentaux (tout ce qui concerne la survie, l'intégrité et la dignité) et vos émotions ne peuvent être niés, votre consentement doit être respecté. Et si vous êtes dans une situation qui ne vous permet pas un consentement éclairé, comme une situation de vulnérabilité liée à l'âge (enfants, personne âgées), à la maladie, au handicap ou à une altération momentanée de la conscience (alcool, drogue,…), une contrainte psychologique est alors reconnue par la loi ,qui permet par exemple de qualifier des violences sexuelles.

Il faut avant tout que vous soyez secouru-e, protégé-e et mis-e hors de danger. Demandez de l'aide, NE RESTEZ PAS SEUL-E. Parlez des violences que vous subissez à des personnes de confiance, des proches fiables, des associations spécialisées, des professionnels de la santé, du social, des juristes ou contactez la police, la gendarmerie, le procureur de la république (lettre). Vous avez à votre disposition des permanences téléphoniques nationales gratuites qui proposent une écoute, des conseil et des adresses (comme le 119 pour l'enfance maltraitée, le 39-19 pour les violences conjugales, le 0 800 95 95 pour le viol, le 36-77 pour les maltraitances des personnes âgées et /ou handicapées) ; vous avez aussi pour le coût d'un appel local le 08-victimes 08 842 846 37, l'AVFT Association contre les violences faites aux femmes au travail 01 45 84 24 24, le CIDFF Centre d'information sur les droits des femmes et des familles 01 44 52 19 20, de nombreuses associations spécialisées d'aide aux victimes, des professionnels formés à la victimologie, etc.(cf. RESSOURCES ). VOUS POUVEZ AUSSI CONSULTER les plaquettes AGIR plaquettes d'information à destination des femmes victimes de violences, et de leur entourage (y compris les professionnels) qui rappellent l'ensemble des démarches et réflexes à avoir, ainsi que les contacts référencés par département. Plusieurs types de plaquette existent par département :"Agir face aux violences conjugales", "Agir face au viol et autres agressions sexuelles", "Agir face aux violences sexistes et sexuelles au travail", "Agir face aux mutilations sexuelles féminines". Ces plaquettes, ainsi que d'autres documents utiles, peuvent être obtenus auprès de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité d'Ile-de-France, prochainement téléchargeables sur leur site, ainsi que les plaquettes d'information médicales de l'association "Si vous avez avez subi ou si vous subissez des violences" à télécharger ici

Il est normal qu'il vous soit difficile de parler ou que vous n'ayez pas pu parler, dans notre société la loi du silence est encore très présente par rapport aux violences, particulièrement les violences intra-familiales, les violences au sein du couple, les maltraitances faites aux enfants et aux personnes vulnérables, les violences institutionnelles ou au travail, et encore plus lorsqu'il s'agit de violences sexuelles (seuls 8% des viols font l'objet d'une plainte), peu d'informations circulent, les droits et la loi sont peu connus. Vous pouvez craindre - malheureusement souvent à juste titre - de ne pas être entendu-e, de ne pas être cru-e, voire d'être culpabilisée ; si tel est le cas, surtout n'accordez pas foi à ces comportements qui sont liés à une méconnaissance de la réalité des violences, à un déni pour se protéger, voire à de la malveillance, et cherchez d'autres personnes plus fiables à qui parler.

De plus en plus de lois et de ressources existent pour lutter contre les violences, pour les faire cesser, pour vous protéger, pour vous soigner, pour obtenir justice et réparation.

Vous avez le droit de dénoncer les violences et de porter plainte (police, gendarmerie, procureur de la République), cf. DROITS DES VICTIMES. Personne (même la police ou la gendarmerie) n'a le droit de vous en dissuader, ni de vous en empêcher, c'est à vous de décider, cf. l'avertissement sur le site officiel de l'administration française http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1435.xhtml «Attention : tout service de police est tenue de recevoir les plaintes déposées par les victimes d'infractions à la loi pénale et de les transmettre au service de police judiciaire territorialement compétent. C’est le procureur de la République qui décide de la suite à donner à cette plainte.»

Vous pouvez porter plainte même si vous êtes hospitalisé-e et si vous ne pouvez pas vous déplacer, dans ces cas la police ou la gendarmerie doit se déplacer. Si vous êtes mineurs ou en situation de vulnérabilité les violences que vous subissez peuvent faire l'objet, pour vous protéger, d'un signalement par des professionnels s'ils ont connaissance de ces violences (ils en ont l'obligation si vous êtes en danger).

En cas de danger immédiat FAITES LE 17 (police ou gendarmerie) ou le 112 depuis un portable, ou le 15 et le 18 en cas d'urgences médicales ou chirurgicales, ou le 112 depuis un portable.

Le viol est une urgence médicale et judiciaire 24h/24, médicale car il nécessite des soins médicaux et psychologiques en urgence et une prévention (VIH, hépatite B et C, MST, grossesse), ainsi qu'un un examen médico-légal pour établir un certificat médical de constatation de violences et rechercher des preuves (prélèvements, traces de violences). Cet examen est fait le plus souvent dans une UMJ (Unité médico-judiciaire), il y en a une cinquantaine en France (l'UMJ ne prodigue pas de soins, elle fait uniquement des prélèvements et des examens pour établir un certificat médico-légal sur réquisition de la police, de la gendarmerie ou du procureur de la République). Certains de ces soins et de ces recherches de preuves doivent être faits le plus rapidement possible dans les 48 h après le viol. (en cas de viol ne vous lavez pas, gardez vos vêtements et tous les objets susceptibles de permettre une reconnaissance ADN).

Un enfant en grand danger est une urgence qui nécessite un signalement immédiat 24h/24 auprès du procureur de la République. Le Procureur peut décider en urgence de son hospitalisation ou de son placement dans une structure d'accueil même en cas de non accord des personnes ayant l'autorité parentale (OPP, Ordonnance de placement provisoire).

Une tentative de meurtre, des menaces de mort sont des urgences qui nécessitent la mise en place de protection immédiate.

Si vous portez plainte, la police ou la gendarmerie réquisitionnera un médecin ou vous adressera à une UMJ pour un examen médico-légal et évaluer une ITT, incapacité totale de travail (soit en urgence : viol, soit sur rendez-vous rapide).

Dans tous les cas de violences, consultez un médecin, votre médecin traitant, un service des urgences, un médecin spécialiste. C'est essentiel pour évaluer votre état de santé physique et psychique, dépister des troubles psychotraumatiques (qui sont les conséquences fréquentes et habituelles des violences), mettre en place des soins spécialisés et un traitement si nécessaire, et pour établir un certificat de constatation de violences qui a une valeur médico-légale, ITT (incapacité totale de travail) qui sert à qualifier les faits, cf. PRISE EN CHARGE.
Un médecin ne peut pas refuser de vous faire un certificat à valeur médico-légale, vous pouvez l'utiliser ou non pour porter plainte et faire valoir vos droits, mais même si vous n'êtes pas prêt-e à porter plainte, ce certificat est à garder et sera utile comme preuve ultérieurement.

Suivant vos besoins immédiats vous devez être orienté-e vers des structures spécialisées et des associations pour vous offrir des conseils juridiques, un soutien, un hébergement, des aides sociales, cf. RESSOURCES.

Il est parfois difficile d'évaluer soi-même la gravité des violences (par méconnaissance de la loi et des définitions précises des violences, du fait de la présence de troubles psychotraumatiques dissociatifs et d'une anesthésie émotionnelle, de troubles de la mémoire et d'état confusionnel chez la victime, et aussi en raison du déni et de la minimisation par l'agresseur ou par l'entourage), il est alors essentiel d'avoir un avis spécialisé qui aidera à nommer les violences (dire s'il s'agit d'un délit, d'un crime, avec ou non des circonstances aggravantes), qui dira la loi, vous énoncera vos droits, vous donnera toutes les informations utiles et qui vous orientera pour une prise en charge optimale sur le plan médical, judiciaire, social.

Les différents délits et crimes sont définis précisément par le code pénal (cf. les pages consacrées aux violences physiques, psychologiques, sexuelles).

Essayez de noter le plus précisément possible les violences que vous avez subies, vos réactions, vos émotions, ainsi que les comportements de l'auteur des violences. Des mécanismes de défense et des troubles de la mémoire peuvent être de véritables machines à effacer de votre mémoire des détails importants, voire des pans entiers de périodes de violences. Noter est utile pour vous, pour garder en mémoire les faits et les émotions que vous avez ressenties, c'est très utile aussi pour le traitement des troubles psychotraumatiques si vous en développez, et enfin c'est aussi très important si vous décidez de porter plainte. Il est également essentiel de garder tous les éléments qui peuvent être des preuves ou des indices (des lettres, des mails ou SMS) et de constituer une chronologie des faits la plus précise possible

NE VOUS CULPABILISEZ PAS si vous n'avez pas anticipé les violences, si vous n'avez pas pu les empêcher, si vous n'avez pas pu vous défendre, si vous n'avez pas réagi de façon cohérente. C'est l'auteur des violences qui vous a imposé un scénario que vous ne pouviez pas prévoir, et qui est incompréhensible car il n'a aucun rapport avec votre réalité, ce que vous êtes, ce que vous avez fait, avec les circonstances, avec ce que l’agresseur semblait être, et c'est cela qui vous a totalement surpris-e, déstabilisé-e, terrifié-e, en étant responsable d'un état de SIDÉRATION psychique, cf. MÉCANISMES, qui peut expliquer les incapacités à réagir, les attitudes paradoxales vis à vis de la situation ou vis à vis de l'auteur des violences. Cet état n’en sera pas moins à l'origine d'une mémoire traumatique très douloureuse, en étant également à l’origine d'une grande difficulté à évaluer la gravité des violences en ayant un jugement adapté sur les auteurs de violence (difficulté à leur en vouloir, à s'en défendre, à s'en séparer, à porter plainte). La victime a souvent une connaissance intellectuelle de la gravité et de la monstruosité des violences subies et des comportements de l'auteur, mais comme cette connaissance n'est pas soutenue par des émotions en rapport (pleurs, détresse, colère, rage) du fait de l'amnésie émotionnelle, cela aboutit à une situation de doutes et de confusions sur ses sentiments et son jugement.

Dans le cadre de votre parcours judiciaire et de soins, vous avez le droit d'exiger une prise en charge normale, respectueuse et bienveillante. Personne dans le cadre de cette prise en charge n'a le droit de refuser de vous entendre ou de vous permettre de porter plainte, de vous culpabiliser, de faire pression sur vous pour que vous renonciez à des poursuites, de tenir des propos sous-entendant que vous mentez, que vous exagérez, que vous êtes pour quelque chose dans ce qui vient d'arriver, de vous dire qu'à votre place il ou elle n'aurait pas agi comme cela, de minimiser ou banaliser les faits en les interprétant (c'était un jeux d'enfant, ce n'est pas si grave, il ou elle n'a pas fait exprès, il ou elle ne s'est pas rendu compte, etc.).
Malheureusement beaucoup de professionnels qui sont amenés à prendre en charge des victimes ne sont pas encore suffisamment formés. N'hésitez pas à changer ou à demander de changer de professionnel si vous ne vous sentez pas cru-e, ni compris-e, ni soutenu-e, voire pire si vous vous sentez maltraité-e.
En ce qui concerne la police et la gendarmerie, ils doivent prendre votre déposition de plainte sans en altérer le contenu. Si une enquête est diligentée, les droits de l'auteur présumé des faits doivent être respectés, il bénéficiera et c'est normal d'une présomption d'innocence. L'enquête est contradictoire et il est normal que vous soyez interrogée, et que votre parole puisse être mise en doute si les preuves sont difficiles à établir, mais cela ne doit en aucun cas justifier que l'on vous considère a priori comme une menteuse (vous devez vous aussi bénéficier d'une présomption de bonne foi) ou que l'on vous tienne des propos agressifs, que l'on vous intimide, que l'on vous culpabilise.
La police et la gendarmerie doivent prendre en considération les risques que vous courrez et vous protéger, tenir compte de votre état psychologique et respecter votre dignité. N'hésitez pas à vous faire soutenir par des associations, des professionnels formés et par un avocat spécialisé.

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Si vous avez subi des violences

De même parlez-en, ne restez pas seule, prenez conseil auprès des associations et des professionnels, vous avez besoin de soutien pour surmonter ce traumatisme même s'il est ancien. Et du fait des conséquences psychotraumatiques, et particulièrement de la mémoire traumatique des violences, vous pouvez présenter des troubles psychiques des mois, des années, voire des dizaines d'années après les violences (mémoire traumatique, troubles anxio-dépressifs, troubles cognitifs, troubles du sommeil, de l'alimentation, de la sexualité, etc…), accompagnés de troubles somatiques (fatigue, douleurs chroniques, troubles digestifs, gynécologiques, cardio-vasculaires, musculo-squelettiques, dermatologiques, ORL, de l'appareil respiratoire, etc…).

De plus si vous êtes restée seule, sans soutien et sans prise en charge spécialisée, vous avez dû mettre en place des stratégies de survie et d'auto-traitement pour éviter des souffrances très importantes (cf. conséquences des psychotraumatismes), et vous pouvez vous sentir très mal, en proie à des flash-backs, des pensées, des sensations et des images envahissantes liées aux violences, à des cauchemars, déconnectée, avec un sentiment de vide, d'absence, de dépersonnalisation, d'irréalité, avec l'impression de devenir folle. Vous pouvez aussi vous sentir coupable, avec un sentiment de honte, de perte de confiance, de l'estime de soi, nulle, incapable, inadaptée à la vie, en échec, isolée, rejetée, désespérée, en proie à des idées noires suicidaire. Vous pouvez vous sentir vulnérable, fragile, hypervigilante, angoissée, dépressive, sans désir, sans projet, phobique, avec des troubles de la mémoire, de l'attention, en retrait social, affectif et intellectuel, irritable, stressée, tendue avec des colères explosives, insomniaque, tout le temps fatiguée avec des douleurs chroniques, continuellement malade, aux prises avec des conduites et des comportements compulsifs souvent incompréhensibles : conduites à risques, mises en danger, conduites agressives et/ou auto-agressives, conduites addictives (alcool, tabac, drogues, médicaments, jeux, sexualité), troubles alimentaires (anorexie, boulimie).

Ces symptômes le plus souvent sont incompréhensible, à la fois pour vous et pour votre entourage, s'ils ne sont pas reliés aux violences que vous avez subies. Vous avez besoin d'être informée, que l'on reconnaisse enfin les violences que vous avez vécues, que l'on vous écoute et vous comprenne, et que l'on vous propose des soins spécialisés.

Il est important que vous puissiez bénéficier de soins spécialisés. Si la prise en charge des troubles psychiques et somatiques post-traumatiques est menée sans tenir compte des violences, sans les aborder et sans traiter spécifiquement la mémoire traumatique, elle est le plus souvent peu efficace et surtout n'empêche pas les symptômes de se manifester à nouveau. En revanche une prise en charge spécifique est beaucoup plus efficace, et évite de nombreuses prises en charge inutiles. Il est possible de traiter la mémoire traumatique, de calmer la souffrance psychique, ce qui évite au patient de continuer à recourir aux conduites d'auto-traitement (conduites de contrôles et d'évitement, et conduites dissociantes à risques). Il est même possible que les atteintes neurologiques traumatiques régressent (neurogenèse).

Vous pouvez également avoir besoin que l'agresseur réponde de ses actes devant la justice, et avoir besoin d'obtenir réparation pour les violences que vous avez subies et leurs conséquences. Il vous faudra alors être conseillée sur vos droits. Alors, en fonction de la nature des faits et de la prescription ou non de ceux-ci, vous pourrez si vous le souhaitez porter plainte au pénal ou au civil (cf. VOS DROITS), et aussi faire une demande d'indemnisation à la CIVI (Commission d’indemnisation des victimes d’infraction pénale, qui peut être saisie dès le dépôt de la plainte). Vous pourrez aussi être soutenu-e par des associations spécialisées.

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Si vous êtes témoin ou proche d'une victime

Il est essentiel de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour faire cesser les violences, protéger la victime et la secourir sans vous mettre en danger : n'hésitez pas à appeler la police ou la gendarmerie en cas de scène de violences (17 ou 112) signaler les faits quand il s'agit de mineurs ou de personnes en situation de vulnérabilité au 39-19 si vous pensez que l'enfant pourrait être en danger et/ou si vous soupçonnez des violences, ou au procureur de la République du Tribunal de Grande Instance en cas de danger imminent et/ou de violences avérées, en cas de doute n'hésitez pas à appeler les permanences téléphonique pour être conseillé : 119 (enfance maltraitée), 39-19 (violences conjugales, 39-77 (maltraitance envers les personnes âgées et les personnes handicapées), 0 800 05 95 95 (viols femmes information du collectif féministe contre le viol), 08-victimes 08 842 846 37, l'AVFT (association contre les violences faites aux femmes au travail) 01 45 84 24 24. Vous pouvez aussi appeler les cellules de recueil des informations préoccupantes CRIP qui ont été mises en place dans chaque département.

Le code pénal impose de porter secours et d'intervenir pour prévenir des crimes :

NON ASSISTANCE À PERSONNE EN PÉRIL :
Article 223-6 :
Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou les tiers, soit un crime, soit un délit contre l'intégrité corporelle de la personne s'abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou des tiers il pouvait lui prêter par son action personnelle ou en provoquant un secours.

NON DÉNONCIATION DE CRIME :
Article 434-1
Le fait pour quiconque ayant connaissance d'un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende.
Sont exceptés des dispositions qui précèdent, sauf en ce qui concernent les crimes commis sur les mineurs de moins de 15 ans :
- les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et soeurs et leurs conjoints, de l'auteur ou du complice du crime.
- le conjoint de l'auteur ou du complice du crime, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui.
Sont également exceptés des dispositions du premier alinéa les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l'article 226-13.
Article 434-3
Le fait pour quiconque ayant connaissance de mauvais traitement ou privations infligés à un mineur de 15 ans ou à une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en raison de son âge, d'une maladie, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique ou d'un état de grossesse, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende. Sauf lorsque la loi en dispose autrement, sont exceptés des dispositions qui précèdent les personnes astreintes au secret dans les conditions prévues par l'article 226-13.

Être solidaire, bienveillant avec la victime, la soutenir, et l'accompagner.
Proposer un témoignage en cas de procédure judiciaire.
Être témoin de violences ou être un proche d'une victime, parents, conjoint, ami, collègue peut être déstabilisant, douloureux, voire traumatisant et générer des troubles psychotraumatiques, particulièrement si l'on a été confronté à des violences effroyables, si on s'est senti dans l’incapacité d’agir, impuissant à protéger, à aider, à trouver les bons comportements, si on est dans l'incompréhension. Surtout faites-vous aider, ne restez pas seul-e.
Il a été démontré que le fait de recevoir en consultation les proches de victimes pour les entendre, les informer, les soutenir, les conseiller, voire de leur prodiguer des soins si c'est nécessaire, a un impact très positif sur eux mais aussi sur la prise en charge de la victime.

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Si vous êtes un professionnel de santé

Outre le texte qui suit, lire les documents à télécharger :
- L'accueil et l'accompagnement des victimes de violences
- Les 20 incontournables du soin des victimes de violences

Votre rôle est essentiel, les violences entraînent une atteinte de l'intégrité physique et psychique et ont de lourdes conséquences psychotraumatiques qui s'installent dans la durée. Ces conséquences sont à l'heure actuelle méconnues par les professionnels de la santé et rarement diagnostiquées, et de ce fait rarement prises en charge de façon spécifique. Pensez à rechercher systématiquement des violences subies chez vos patients, et la présence de symptômes psychotraumatiques.

Une victime de violences a besoin
- d'être crue, écoutée avec bienveillance,
- d'être protégée et mise hors de danger,
- d'être comprise, de ne pas être jugée, d'être reconnue comme victime, et que les faits violents soient dénoncés.
- que sa souffrance soit prise en compte, que ses troubles psychotraumatiques soient dépistés.
- d'être soutenue, aidée, informée sur toutes les démarches à faire, sur la loi, sur tous ses droits, accompagnée, revalorisée,
- d'être prise en charge, traitée, orientée vers des professionnels spécialisés , traitée, soulagée. Il est important qu'elle puisse avoir des informations claires sur les mécanismes psychotraumatiques, de savoir que ses symptômes sont des réactions habituelles et logiques à des violences.

En tant que professionnels de la santé, il est nécessaire de savoir repérer la souffrance psychologique chez les patients et dépister des symptômes évoquants des violences subies devant :
- une souffrance exprimée, tristesse, pleurs, idées noires, idées suicidaires, tentatives de suicide
- des modifications récentes du comportement et de la personnalité : isolement, stress, anxiété, angoisse, phobies, attaque de panique, agressivité, conflits, hypersensibilité, désintérêt pour des activités qui étaient investies, négligence dans sa tenue, dans son hygiène, dans son travail, pessimisme ++, troubles de l'attention et de la concentration, conduites d'échec, manque de confiance, évitements, oublis, erreurs, retards, fatigue ++, alcoolisation, tabagisme, anorexie, boulimie
- des plaintes somatiques répétitives et chroniques, avec nomadisme médical : douleurs chroniques, céphalées, insomnies, malaises, nausées, vomissements)
- des arrêts de travail fréquents pour maladie, des accidents à répétition, des hospitalisations et des interventions à répétition, prise de poids ou amaigrissement importants
- **des conduites à risque, des mises en danger (absences de précaution et de prévention, conduites de véhicules à risque, sports extrêmes, conduites sexuelles à risque), des conduites autoagressives (TS, automutilation), hétéroagressives (violences, délinquances), des addictions : alcool, drogues, jeux, achats compulsifs.

En tant que professionnels de la santé, il est utile de connaître des situations à risques de subir des violences comme :
- des situations de précarité et de vulnérabilité liées à de grands changements, des handicaps, à la maladie, à l'adolescence, à une grossesse, à une séparation, à un deuil, à la retraite, à un changement de poste ou d'emploi, à une perte d'emploi, à un déménagement, à l'immigration, situation de discrimination, personnes agées ......,
- des difficultés socio-professionnelles : échec scolaire, abandon des études, chômage, isolement, endettement, marginalisation, grande pauvreté
- des difficultés familiales : séparation, conflits, alcoolisme du conjoint, chômage du conjoint, fugue d'un enfant
- des antécédents de violences, un alcoolisme, une toxicomanie, une situation de marginalisation ou une situation prostitutionnelle.

Savoir poser systématiquement la question sur les violences devant toute situation de souffrance ou de vulnérabilité. Mais le mieux serait de faire un dépistage universel systématique dans le cadre d'un questionnaire médical de recherche de facteurs de risque, questions à poser : vivez-vous des situations stressantes ?, avez-vous subi des violences (physiques, verbales, psychiques, sexuelles)? Arrive-t-il à votre conjoint d'être violent (verbalement, psychologiquement, physiquement)? Vous sentez-vous en sécurité chez vous ? À votre travail ?…
Les questions sur les traumatismes ou les violences subies sont très bien tolérées, il ne faut pas oublier que toutes les victimes souffrent d'être seules, condamnées au silence. Dans les enquêtes le corps médical et paramédical est considéré comme un interlocuteur privilégié (à qui aimeriez vous vous confier ?).

Savoir écouter et libérer la parole devant une victime de violence :
- en accordant foi en la parole de la victime, sans la mettre en doute, sans minimiser ni banaliser les faits, sans faire la morale, en considérant la réalité objective des faits ; il faut absolument accorder à la victime un « crédit de bonne foi » ;
- en tenant compte des troubles de la mémoire, de la confusion et du sentiment d'irréalité liés aux symptômes dissociatifs, de l'angoisse et de la souffrance psychique qui rendent l'énoncé des faits particulièrement difficiles pour la victime, voire impossible, ou au contraire qui rendent le récit dénué de tout affect, froid, très distancié ou anodin
- dans un climat de bienveillance, de confiance, d'authenticité, d'empathie et de sécurité : avec bienveillance dans un lieu calme sécurisant, sans allées et venues, ne pas soumettre la victime à un interrogatoire, ne pas lui extorquer des faits, éviter les « pourquoi ? », respecter le temps de la victime, soutenir son discours en le reformulant
- en étant attentif à utiliser un vocabulaire et des expressions adaptés : éviter les expressions comme « se faire violer », dire « avoir été violée » ou « avoir subi un viol », attention de ne pas utiliser pour nommer le/les agresseurs de termes à connotation affective : ton papa, ton tonton, ta maman, ta nounou etc ..., dire ton père, ton oncle etc. ; dans la mesure du possible utiliser des termes relevant du registre de l'agression et non de la relation sexuelle (éviter « rapports », « fellation », « caresses », parler de viol, de pénétration buccale, anale, d'actes imposés)
- en ne jugeant pas les comportements et les attitudes de la victime qui peuvent être très paradoxaux, pas de leçon de morale, pas de « moi à votre place, j'aurais… », « vous auriez dû…», pas de questions centrées sur l'attitude de la victime, pas de « mais pourquoi vous avez fait…»
- savoir prendre position contre les violences et le système agresseur et pour la loi et le droit, toujours avoir à l’esprit que quel que soit le comportement de la victime, c’est l’agresseur qui commet des actes réprouvés par le code pénal, et non la victime (aucune loi n’interdit de se promener en minijupe etc.)
- en condamnant la violence, en rappelant la loi et en nommant les faits : « il n'avait pas le droit de faire ça », il s'agit d'un délit, d'un crime, d'un viol…
- en rappelant que rien de ce que la victime avait fait ne justifie la violence, en attribuant clairement la responsabilité de la violence à son auteur, c'est la violence qui est à condamner
- en luttant contre la loi du silence
- en informant la victime de ses droits et des possibilités de porter plainte ; il est très important même si la victime ne veut pas porter plainte de faire faire un certificat médical détaillé que l'on garde dans le dossier, informer sur les délais de prescription, sur la possibilité d’interdiction prononcée par le juge d'accéder au domicile conjugal pour les conjoints violents, sur les possibilités d'éviction du conjoint marié violent, sur les droits du travail.

Consultation en urgence, consultation à distance, évaluation de l’ITT, faire un signalement :

cf. PRISE EN CHARGE

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